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Régression et impacts de l’approvisionnement en médicaments

Selon l’académie de médecine qui déplorait ce phénomène inquiétant en avril 2013,  de nombreux médicaments connaissent une baisse voire une rupture de stock dans les pharmacies en France. Sont concernés les antibiotiques, les vaccins, les anticoagulants, les psychotropes et les anticancéreux. Tous les jours, on recense une rupture de stock de 5% sur les médicaments commandés par les pharmacies des villes.

Selon l’Académie de pharmacie qui publie une série d’indications, cette baisse peut avoir des conséquences alarmantes pour les patients qui sont sous traitement quotidien. Le pharmacien strasbourgeois, Philippe Liebermann explique que cette diminution est devenue un fléau mondial qui sévit depuis quelques années. En même temps vice-président de l’union des syndicats de pharmacies en France, Liebermann avance qu’il est toujours possible de joindre un autre point de vente (en l’état une autre pharmacie), un grossiste ou encore solliciter le prescripteur de modifier son ordonnance. Par conséquent, cette rupture de stock rend la France dépendante de l’achat de médicaments dépourvus de qualité.

Causes de cette régression

Nombreuses sont les raisons qui occasionnent la rupture de stock de médicaments. Le blocage de la chaîne de médicament et la perte du savoir-faire industriel en sont les premières causes avec un taux de 14%. En conséquence et par soucis économique, la plupart des médicaments sont produits à l’étranger diminuant de visu leur qualité. Dans un premier temps, l’approvisionnement en matières premières pharmaceutiques est la cause principale sachant que 60 à 80% des principes actifs sont réalisés en Chine et en Inde. Il y a 30 ans, seulement 20% étaient fabriqués dans ces pays nommés.

Politique de relocalisation

L’Académie de pharmacie recommande d’adopter une politique de relocalisation de la réalisation des principes actifs stratégiques, importants pour la santé publique. Cette solution est incontournable en attendant la baisse de différence de coût de production entre l’Europe et les pays tiers. Dans un premier temps, il est important de dresser une liste des principes actifs touchés entre autres les anesthésiques, les immunoglobulines, les antirétroviraux, les anticancéreux, les anticoagulants et les antibiotiques sans oublier les matières actives utilisées en cas d’urgence.

Une loi de 2012 stipule déjà la sécurité de la fourniture des médicaments sans faire allusion aux exportations ainsi que la mise en place de centres d’appel d’urgence. L’Académie tend à faciliter la provision de médicaments par la création de droit de substitution des traitements par le pharmacien pour compléter la politique qui prendra bientôt vigueur au Québec. Cette politique sera effective au mois de juin comme quoi les pharmaciens pourront remplacer le médicament en rupture de stock avec celui qui possède la même classe thérapeutique sans avoir besoin de demander l’avis d’un médecin.

Un pharmacien hospitalier, Jean-Michel Descoutures, indique que la modification du traitement n’a pas engendré un décès mais elle pourrait provoquer des séquelles en termes d’effets indésirables. Conformément à la directive 2011/62/UE, les pays exportateurs confirmeront par écrit que chaque principe actif importé dans l’Union européenne respecte les normes des standards qualités et que chaque zone d’exploitation est régulièrement inspectée par ces autorités. Cette mesure sera effective à partir du mois de juillet 2013 en attendant l’importation des médicaments dans l’Union européenne et afin de garantir leur qualité.